« Travailler… Vivre ! »

Publié par Bibliothèques de Nancy le

Lieux évoqués : Longwy, Joeuf, Auboué Nancy, Toul

« Francine, après les mois de meetings électoraux, en ce printemps peu agité dans un contexte prudent, attentiste, enrôla Fred dans la préparation de sa prochaine matinée « autour du livre ». Elle choisit pour thème une sorte de slogan, « Travailler… Vivre ! » dans le ton des préoccupations de tous. Sans difficulté et avec le plaisir de retrouver d’anciens négatifs, son beau-frère choisit une quarantaine de clichés. Dans la salle de l’hôtel de ville, il eut plusieurs fois l’occasion de les commenter pour des classes primaires, des élèves du lycée technique de Longwy-Haut. Sa sélection privilégiait, saisis sur le vif, les gestes des travailleurs : paysans, femmes à la peine, bateliers, mineurs, noirs ou jaunes, métallos, sidérurgistes, employés, et les moments de détente et de partage : réunions de famille, fêtes foraines, parties de pêches, baptêmes, mariages, un peu de sport avec un sourire de Michel Platini, l’enfant de Joeuf, à l’instant du coup franc dans la lucarne.

En présentant son invitée, Anne Blanchot-Philippi, Francine précisa que la poétesse était née près des mines des Terres rouges, à Thionville :

– Enfin, vous êtes des nôtres puisque votre livre de contes est illustré par Jean Morette, notre récent conférencier. Si j’ajoute Coulées, le titre de votre recueil de poèmes, je fonds moi aussi, et je n’ai pas besoin de demander qu’on vous applaudisse.

L’intense curiosité suivit l’accueil bon enfant et chaleureux. Souriante, détendue, le professeur d’anglais des lycée de Toul, Nancy puis Metz, enchanta la salle avec son « chant du gueulard sur le carreau », celui « de la fonte que l’on cuit »

Une semaine plus tard, participa Adrien Printz, solide septuagénaire aux propos directs. Embauché chez De Wendel à l’âge de quatorze ans, ce romancier et historien de la vallée de la Fensch inondée par la Sollac était un autodidacte. Fred l’accueillit en images avec une projection de diapositives, les vitraux, si proches de l’industrie, signés par Jacques Gruber, les ateliers Majorelle : le haut-fourneau d’Auboué, la façade de la chambre de commerce de Nancy, les couleurs et les flammes de la verrière des anciens bureaux des aciéries de Longwy.

Le public applaudit l’orateur quand il évoqua son père « au visage incrusté de points noirs ». « 

Michel Caffier, Les étincelles de l’espoir, Calmann-Lévy, 2013, pp. 224-226.

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