Meurtres à la Pépinière

Publié par Bibliothèques de Nancy le

Lieu évoqué : Parc de la pépinière, Nancy.

« D’un pas lourd, elle se dirigea vers la salle de bain où elle prit une douche
rapide, enfila une tenue confortable pour son travail, puis avala une tasse de café avant de rejoindre la Pépinière. Sans la présence de son amie, le parc perdait de son intérêt. Même Sylvain avait déserté les lieux. Laura se sentait terriblement seule et se dit que la journée promettait d’être longue et ennuyeuse. Elle ne savait pas encore ce qui l’attendait à son arrivée.
Quand elle sortit de chez elle, le jour n’était pas encore levé. Saisie par la
fraîcheur des températures automnales, elle remonta le col de sa parka et
descendit d’un pas rapide le boulevard dont la circulation état encore fluide en cette heure. Laura franchit l’entrée principale de la Pépinière à 7 heures
tapantes. Contrairement à son habitude, la jeune femme ne se donna pas la
peine de jeter un coup d’oeil aux enclos et se dirigea immédiatement vers le
local où étaient stockés les produits d’entretien. D’un geste machinal, elle prit ce dont elle avait besoin pour nettoyer l’enclos des chèvres et ressortit aussitôt.
Sans grand enthousiasme, elle avança d’un pas nonchalant vers le territoire des caprins, puis décida au dernier moment de passer à la Brasserie pour aller saluer Jean-Paul, le barman. Un peu de compagnie lui ferait le plus grand bien en cette triste matinée. Laura s’enfonça dans la Roseraie, sillonna les allées sans fleurs, puis tourna au croisement sur sa droite où elle emprunta l’une des allées principales du parc. Laura passa à proximité d’un buisson qui attira son attention, non pas par son feuillage bien touffu et verdoyant, mais par un pied d’homme qui dépassait de sous les arbustes. Un clochard qui cuverait ? Se demanda-t-elle. Les sourcils froncés, elle s’accroupit, puis se pencha pour regarder sous le feuillage. Ses yeux s’agrandirent de stupeur quand elle comprit qu’il ne s’agissait pas d’un simple vagabond, mais d’un homme que l’on avait volontairement dissimulé sous ces arbustes, à l’abri des regards. Sans voix, elle observa l’individu inconscient. Elle ne le voyait pas très bien dans la pénombre
sous le feuillage, mais elle se demandait s’il était toujours en vie. Elle réfléchit rapidement à la situation, puis se redressa d’un coup et courut vers la brasserie où elle informa immédiatement Jean-Paul de sa découverte. Lui saurait quoi faire ! »

Mirabelle C. Vomscheid, Meurtres à la Pépinière, Editions Books on demand, 2014

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