Oustachis

Publié par Bibliothèques de Nancy le

Lieux évoqués : Rue Charles III, Boulevard Lobau, Lycée saint Bernard, Hôpital Central, Rue des jardiniers, Bar le royal, Rue de Mulhouse , Quartier des 3 maisons.

« Lucien était sorti s’acheter un kébab au coin de la rue Charles III et du boulevard Lobau. Pour le dévorer, il l’avait accompagné d’un demi, dans le bar-tabac tout proche. Vers quatorze heures, il retourna au commissariat, plus détendu qu’en cette fin de matinée passée à lire et relire les dépositions des professeurs du lycée Saint-Bernard.

Le temps étant plutôt clément cet après-midi, il décida de rejoindre l’Hôpital Central à pied. Il suffisait de remonter par la rue des Jardiniers. Il sortit du commissariat, pensif, revit la tête de Saulieu, craintif, qui voulait à tout prix plaire à ses supérieurs.

Lucien se gara rue de Mulhouse. Les places étaient rares dans le quartier. Il s’aperçut alors qu’il avait plus d’un quart d’heure à tuer. Il s’engouffra dans le bar « Le Royal », s’installa au comptoir et commanda un demi.

Ils étaient au centre d’observation du réseau urbain de transports en commun. Les lignes des trolleybus et du tramway étaient surveillées en permanence par un réseau de caméras dont les images étaient centralisées ici. Lucien voulait en savoir plus sur les skinheads et sur les mouvements de personnes, devant le lycée Saint-Bernard, le soir du meurtre du prêtre enseignant Paul Artaud. Les recherches d’Andreotti et Clément n’avaient pas encore abouti. Les deux comparses étaient retournés dans la soirée au quartier des Trois Maisons, afin de capter les absents de l’après-midi. Mais ils n’avaient rien découvert de transcendant sur les agresseurs du vigile, si ce n’est que 71 leur voiture était immatriculée en Alsace, dans le Haut-Rhin. Ce matin, Lucien les avait chargés de passer dans les locaux de France 3, afin de glaner des informations sur le cadavre du journaliste découvert pendant la nuit. Courbet, quant à lui, faisait mine d’éplucher les rapports des Renseignements Généraux. Il avait cependant découvert l’existence d’un incident impliquant des skinheads le soir du meurtre. Il y avait eu une bagarre dans un bar de la ville, les Deux Palmiers, à deux pas du lycée Poincaré. D’après l’agent informateur, infiltré dans une bande d’anarchistes, deux des skinheads avaient été blessés au cours de l’échauffourée. »

Zilber Karevski, Oustachis Editions Vignaubière, 2005, p.39.

Iconographie : Wikipedia

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