Une bibliothèque très française

Publié par Bibliothèques de Nancy le

Lieu évoqué : bibliothèque Stanislas.

Crédit photo : Bibliothèque Stanislas

« Je la trouve, cette bibliothèque municipale, très française. N’a-t-elle pas été créée par un roi polonais devenu prince lorrain et entré dans la famille de France ? Née en 1750 en même temps que l’Académie Stanislas, la bibliothèque doit son fonds d’origine à la culture et à la générosité d’un prince.

Les boiseries viennent de l’abbaye des Prémontrés de Pont-à-Mousson, et beaucoup d’ouvrages, de châteaux d’émigrés ou de monastères lorrains. C’est ainsi : dans l’accumulation de notre patrimoine, générosités et spoliations anciennes sont devenues indiscernables.

Avec la fin du XIXe siècle, et les donations des Poirel, des Gebahrt et des Grandville, classées par l’érudit Favier, nous sommes entrés dans l’ère des dons des érudits, des legs régionaux : ils brûlent moins l’imagination.

Un dernier éclat d’idéologie : en mai 1968, la « salle des profs » probable « espace de silence », offert à la sérénité des professeurs fut rebaptisée « salle Stanislas ».

Provisoirement, peut-être, la bibliothèque municipale de Nancy est rendue à sa sérénité de lieu de lecture, de recherche et d’effusion amoureuse. En effet, ne nous y trompons pas : si les têtes chenues et les solitudes binoclardes trouvent leur bonheur dans les bibliothèques, l’âge moyen de leurs usagers reste jeune. Ce sont des adolescents qui découvrent vers 16 ans la commodité de ces places toujours occupées par les mêmes filles ou garçons (les fidèles des bibliothèques sont, autant que faire se peut, des sédentaires), le chuchotement, les remparts et les créneaux de livres, les longs affûts. »

François Nourissier, dans 1750-2000 La Bibliothèque Municipale de Nancy, 2000, p. 9.

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