Extraits à lire et écouter

« Me recueillir devant le majestueux tableau d’Emile Friant, La Toussaint »

Lieu évoqué : Musée des beaux-arts, Nancy. « J’ai quitté cette ville il y a un quart de siècle sans lui dire au revoir. Je lui dois des excuses que je ne sais pas à qui adresser. À titre de pèlerinage, je suis allé me recueillir devant le majestueux tableau d’Emile Friant, La Toussaint. La première de ces femmes en noir, sur le chemin du cimetière, avec son bouquet de chrysanthèmes et sa coiffe sombre, c’est Lire la suite…

« Sur le trottoir, les pavés dessinaient la date, 1477… »

Lieu évoqué : Grande Rue, Nancy. « Dans la cuisine, il choisit une bouteille de rioja, la déboucha, puis remplit un verre qu’il huma avant de rejoindre la fenêtre du salon qui donnait sur la Grande Rue. Sur le trottoir, les pavés dessinaient une date, 1477, censée indiquer l’emplacement de l’étang Saint-Jean au bord duquel on avait retrouvé le corps nu, en partie dévoré par les loups, de Charles le Téméraire, grand-duc d’Occident et dernier duc Lire la suite…

« Une dérisoire chiure de mouche, à l’échelle cosmique »

Lieu évoqué : Faubourg des Trois-Maisons, Nancy. « Vers le nord-est de ce pays, il y a une rivière tout au long de laquelle s’est agglutinée une partie non négligeable des traîne-misère de ce vieux continent à l’époque où la faim les poussa par là pour y quérir fortune et pour, finalement, n’y trouver que du travail. C’était l’âge d’Or, la grande époque florissante, celle qu’on regrette, la larme à l’œil, en se rappelant tout ce Lire la suite…

« Les boiseries monumentales sculptées »

Lieu évoqué : Bibliothèque Stanislas « La bibliothèque municipale… Elle sera à présent un lieu important dans notre histoire. Dans la grande salle de lecture j’ai tout de suite aimé les boiseries monumentales sculptées avec leurs rangées de livres, la passerelle qui en faisait le tour à mi-hauteur, les longues tables communes, les lampes à abat-jour qui apportaient une certaine intimité lorsqu’elles étaient allumées en fin d’après-midi, le silence feutré quasi-religieux, parfois interrompu par quelque étudiant Lire la suite…

Amour déchu Rue de Metz

Lieu évoqué : Rue de Metz, Nancy. « Rue de Metz nos ombres y passent Main dans la main comme autrefois Rue de Metz et la craie s’efface Sur les vieux murs où j’ai pour toi Écrit le livre et la préface D’un amour en béquilles de bois Rue de Metz tes lampes s’éteignent Nous oublierons les jeux des loups Rue de Metz où les jours déteignent Quand donc y reviendrons-nous Alors qu’en vain les passants Lire la suite…

« Dimanche matin, Andreani s’était levé aux aurores »

Lieu évoqué : piscine de Nancy Thermal, Nancy. « Dimanche matin, Andreani s’était levé aux aurores. Il voulait arriver à la piscine de Nancy-Thermal dès l’ouverture et profiter des lignes encore désertes. Après avoir parcouru ses trente allers-retours habituels, il s’était imposé un petit supplément de dix longueurs pour tenter de chasser les interrogations qui ne le quittaient plus ; peine perdue. Le reste de son dimanche se passa à arpenter son appartement en ingurgitant café Lire la suite…

Les femmes syndicalisées des tricoteries de Chaligny

Lieu évoqué : La Filoche, Chaligny. « Les tricoteries de Chaligny sont la scène sociale où je vais pouvoir pour la première fois exercer mes capacités de « Nordiste supérieurement politisée et syndicalisée », dès mon arrivée à Nancy.Les disciples de Chaligny, toutes des femmes, m’accueillent gentiment, mais sans enthousiasme excessif. J’ai commencé à apprécier les capacités culinaires de ces dames. On a bu des bons coups et on a commencé à pleurer. En revanche, mon Lire la suite…

Champenoux s’étale sur les collines et dans les creux des vallées

Lieu évoqué : Champenoux. « Enfin, ils atteignent ce promontoire qui domine la forêt… Champenoux s’étale sur les collines et dans les creux des vallées, envahissant la plaine, en nappes irrégulières, houleuses de poil sombre… Mousses crépues de teinte gris-vert qui sous l’effet d’une lumière crue semblent adhérer étroitement au sol, tandis que dans le crépuscule d’un nuage elles commencent à ramper, à flotter sur toutes les éminences, le long des couloirs de la Meurthe… Troupeaux Lire la suite…

Les derniers jours du four électrique de Villerupt

Lieu évoqué : Villerupt. « Le 23 avril 1983, je suis à l’usine, et je tente de décrire les derniers jours du four électrique de Villerupt. Je me trouve dans le vestiaire, assis. Le vestiaire est au niveau du plancher de chargement du four. Derrière moi, il y a de hautes armoires grises et sales qui vibrent. Puis les douches crasseuses. On n’a pas le choix ; à la fin de la tournée, il faut y Lire la suite…

« Les bruits, dans ma Lorraine natale, se greffent autour d’un poumon d’acier »

Lieux évoqués : Thil, Villerupt, usine de Micheville. « Les bruits, dans ma Lorraine natale, se greffent autour d’un poumon d’acier situé après le viaduc de Thil. Bien au fond de Villerupt, je l’entends plus que je ne le vois. Ces bruits, c’est comme une bête qui souffle par moments et qui ricane entre deux. Il y a les convertisseurs Bessemer, le four orchestre particulier, auquel nous nous sommes tous adaptés. Au centre il y a Lire la suite…