« ça va aller ! »
Lieux évoqués : Maxéville, Dombasle-Sur-Meurthe
« – Ça va aller, grogne pas, il va faire beau maintenant.
Il ne s’adressait à Max, au Max comme il disait, que lorsqu’il était certain d’être seul. Jamais il n’aurait avoué qu’il parlait à un téléphérique et encore moins, phénomène plus étrange, que cet équipement lui répondait. Le couinement d’une poulie au sommet d’un pylône le rassura. Le Max savait qu’il veillait sur lui. Ils étaient cinq à parcourir chaque jour, à pied et par tous les temps, une portion du parcours du transporteur pour en vérifier l’état et en effectuer le rapport. Gilbert ne s’arrêtait jamais à l’inspection du secteur qui lui avait été attribué. Il partait toujours un peu plus loin pour s’assurer que tout fonctionnait bien et, une ou deux fois par semaine, il effectuait le trajet complet, suivait la ligne de Maxéville à Dombasle. Il partait très tôt ces matins-là, dévalait la pente abrupte des carrières de Maxéville jusqu’au canal, suivait le chemin de halage jusqu’au pont de Malzéville où il traversait la Meurthe, et montait la pente sévère qui le menait au plateau. De cette hauteur, il pouvait contempler la suite des pylônes qui allaient se perdre dans la vallée. »
Charles Ancé, Ciel de Bennes, Néreïah Éditions, 2015, p.72
Iconograhie : Limedia galeries