« Play-Back »
Lieu évoqué : Thionville, Cour d’Assises de Nancy
« Bernard Treipper venait apparemment de clore sa joute oratoire avec le barbu de la table du fond. Il S’assit près de moi et se servit d’autorité une tranche de jambon fumé.
» Non, à part Bianca, à la télé… Son mec aussi a eu sa période de célébrité : on en a parlé au moment du faux enlèvement de Johnny Hallyday. Il faisait Partie de l’équipe qui a récupéré Johnny à la sortie de son concert de Nancy et l’a emmené au cœur du bassin pour qu’il puisse se rendre compte du gâchis Industriel. Toujours la fascination du show-biz ! «
Malheureusement, l’ambiance des opérations Commando lui a tourné la tête : il a vite délaissé la lutte syndicale pour organiser des coups de main à Son seul profit. Des vols de voitures, des braquages de supermarchés. Ils étaient cinq ou six dans son cas. On les surnommait les soldats perdus de la bataille de l’acier… Les régions sinistrées produisent les mythologies qu’elles peuvent !
Le journaliste s’inséra dans la conversation.
» Vous parlez de Didier Colin, l’ancien gars de la CFDT qui s’est fait arrêter en dévalisant le Mammouth de Thionville ? «
Luc David tapa du plat de la main sur la table.
» Didier Colin. C’est bien lui, le nom m’échappait. Vous connaissez l’histoire ? «
» Un peu. J’ai pondu un ou deux papiers au moment de son procès devant les assises de Nancy. » »
Didier Daeninckx, Play-Back, Éditions Folio policier, 2001, p. 167.
Iconographie : Wikipedia