Chiffres accablants

Publié par Bibliothèques de Nancy le

Lieux évoqués : Thil et les communes alentour

« En célébrant le courage de quelques femmes qui intervenaient pour les sauver, on dénombrait avec effroi les otages : huit à Piennes, dix-neuf à Longuyon, deux cents à Jarny et les exécutions : quatre à Conflans, dix-sept à Villerupt, onze à Longlaville, trois à Jarny, sept à Bréhain-la-Cour, deux à Longwy etc… Il n’y avait pas de villes, de villages, de cités qui n’aient de victimes à déplorer. Chaque soir les listes s’allongeaient, tandis que les pauvres êtres qui survivaient dans le camp de concentration de Thil montaient dans les wagons pour Dachau. Ils étaient encore plus d’un millier.

Dans la crainte d’être enrôlés dans les camps de travail en Allemagne, des Mosellans venaient demander asile, bientôt suivis des prisonniers russes qui, de plus en plus nombreux, faussaient compagnie à leurs geôliers. Toujours aussi affamés, ils chapardaient tout ce qu’ils trouvaient pour survivre.

Le 5 septembre, enfin ravitaillée, la IIIè armée se remettait en marche sur des chemins encombrés d’embûches. Elle dut livrer bataille à Briey (6/8 septembre), Saint-Pierremont-Avril (7/8 septembre), Landres-Mairy (8 septembre), Gravelotte- Saint- Ail Saint- Privat (6/13 septembre).

Toujours sur la brèche, le groupe de choc du Bataillon Libre Lorraine servait d’éclaireur aux avant-gardes américaines. En mission à Thionville son commandant fut tué avec l’un de ses hommes (13 septembre). »

Pays-Haut : dits et récits : 1889-1939 : roman, Anne-Marie Blanc, Serpenoise, 1991, p. 94 95

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