{"id":5028,"date":"2025-06-05T15:42:52","date_gmt":"2025-06-05T15:42:52","guid":{"rendered":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/?p=5028"},"modified":"2026-04-01T13:34:38","modified_gmt":"2026-04-01T13:34:38","slug":"le-pieton-de-nancy","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/?p=5028","title":{"rendered":"Le pi\u00e9ton de Nancy"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/CAFFIER_Pieton_Priscille-traite.wav\"><\/audio><\/figure>\n\n\n\n<p><br><strong>Lieux \u00e9voqu\u00e9s : Parc de la P\u00e9pini\u00e8re, Place d&rsquo;Alliance, Place Stanislas<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Comme elle a sa ceinture de places drainant la vie de ses art\u00e8res, Nancy a son parterre de pelouses qui offre au promeneur un itin\u00e9raire reposant o\u00f9 r\u00e8gnent les oiseaux et o\u00f9 l\u2019herbe est plus verte. Les princes, les premiers, ont aim\u00e9 ces espaces de soleil ombrag\u00e9s par de grands arbres. Dans les plans de l\u2019ensemble qui porte son nom, Stanislas demanda \u00e0 ses architectes et paysagistes d\u2019am\u00e9nager l\u2019exemplaire P\u00e9pini\u00e8re qui, derri\u00e8re les charmes de la fontaine d\u2019Amphitrite, n\u2019\u00e9tait pas qu\u2019une roseraie et un parc de solides marronniers&nbsp;: dans un enclos on cultivait les l\u00e9gumes tout comme dans l\u2019espace qui devint, plus tard, apr\u00e8s le Trait\u00e9 avec l\u2019Autriche n\u00e9goci\u00e9 par Choiseul, la si agr\u00e9able place d\u2019Alliance, solitaire comme une perle cach\u00e9e, o\u00f9 Maurice Barr\u00e8s ressentait comme \u00ab&nbsp;une sorte de m\u00e9lancolie jans\u00e9niste&nbsp;\u00bb. Bien avant Stanislas, les ducs de Lorraine ont toujours \u00e9t\u00e9 soucieux de la fra\u00eecheur de leurs primeurs comme d\u2019autres de celle de leur mar\u00e9e&nbsp;: on raconte qu\u2019au temps de L\u00e9opold, la Cour eut tout le contraire d\u2019un Vatel en la personne de Nicolas Bailly qui proposait \u00e0 ses princes des petits pois le jour de l\u2019An et des melons le jour de P\u00e2ques. Si pendant la derni\u00e8re guerre on a cultiv\u00e9 des topinambours et des rutabagas dans ses pelouses devenues jardinets, la P\u00e9pini\u00e8re, fleurie, taill\u00e9e, boutur\u00e9e, est un verdoyant lieu multiple, auberge espagnole des loisirs. Comme au march\u00e9, celui qui, avec le talent d\u2019un Grandville ou des fr\u00e8res Voirin, voudrait croquer les silhouettes nanc\u00e9iennes d\u2019aujourd\u2019hui aurait, dans les all\u00e9es, entre les arbres, des mod\u00e8les pittoresques et multiples&nbsp;: dresseurs de chiens de d\u00e9fense boudin\u00e9s de carapaces de sacs, joueurs de cartes du troisi\u00e8me \u00e2ge, amateurs de p\u00e9tanque dont les jurons et les exclamations ont l\u2019accent de Miramas ou de Bab El Oued, marchands de gaufres et de barbe \u00e0 papa, athl\u00e8tes ou joggers sur la piste d\u2019un stade qui eut jadis d\u2019\u00e9l\u00e9gantes tribunes de bois blanc, enfants, \u00e0 pied, en skate, en poussette, au zoo, autour de biches, accroch\u00e9s au volants des man\u00e8ges, solitaires install\u00e9s sur les chaises de fer pour lire, \u00e9couter la musique d\u2019un walkman, r\u00eaver, autour du kiosque \u00e0 musique ouvert comme une tulipe de Majorelle, observer, entre les roses, la lente marche des aiguilles de la pendule fleurie. Le spectacle n\u2019est pas seulement dans le castelet du Guignol o\u00f9 Gnafron a inspir\u00e9 l\u2019id\u00e9e d\u2019une prometteuse biennale de la marionnette&nbsp;: il est dans le parc qui participe, comme la place Stanislas, sa voisine, aux f\u00eates du th\u00e9\u00e2tre, de la musique, du folklore, des arts. Devenant sc\u00e8ne de verdure ou mus\u00e9e de plein air, la P\u00e9pini\u00e8re, la folie en moins, est un petit Central Park, un Hyde Park sans pr\u00e9dicateurs qui ne traverseraient pas les chevaux et les cal\u00e8ches. Elle est le jardin public de Nancy, imposant, dans l\u2019ensemble ducal, sa souverainet\u00e9.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Michel Caffier, <em>Le pi\u00e9ton de Nancy<\/em>, Editions Serpenoise, Presses universitaires de Nancy<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p><sup><strong>Iconographie :  L. Dupeyron<\/strong><\/sup><\/p>\n\n\n\n<iframe loading=\"lazy\" width=\"100%\" height=\"300px\" frameborder=\"0\" allowfullscreen allow=\"geolocation\" src=\"\/\/umap.openstreetmap.fr\/fr\/map\/sur-les-pas-des-ecrivains-en-lorraine_50581?scaleControl=false&#038;miniMap=false&#038;scrollWheelZoom=false&#038;zoomControl=null&#038;editMode=disabled&#038;moreControl=false&#038;searchControl=null&#038;tilelayersControl=null&#038;embedControl=null&#038;datalayersControl=null&#038;onLoadPanel=none&#038;captionBar=false&#038;captionMenus=false&#038;homeControl=false&#038;captionControl=null#19\/48.69841\/6.18765\"><\/iframe>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lieux \u00e9voqu\u00e9s : Parc de la P\u00e9pini\u00e8re, Place d&rsquo;Alliance, Place Stanislas \u00ab&nbsp;Comme elle a sa ceinture de places drainant la vie de ses art\u00e8res, Nancy a son parterre de pelouses qui offre au promeneur un itin\u00e9raire reposant o\u00f9 r\u00e8gnent les oiseaux et o\u00f9 l\u2019herbe est plus verte. Les princes, les [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":5265,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[37],"tags":[235,219,220],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5028"}],"collection":[{"href":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5028"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5028\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5267,"href":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5028\/revisions\/5267"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/5265"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5028"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5028"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5028"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}