{"id":4974,"date":"2025-10-02T09:38:15","date_gmt":"2025-10-02T09:38:15","guid":{"rendered":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/?p=4974"},"modified":"2026-04-01T13:30:02","modified_gmt":"2026-04-01T13:30:02","slug":"opera-cafe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/?p=4974","title":{"rendered":"Op\u00e9ra caf\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/LD_Boxberger-Opera-cafe_OK.wav\"><\/audio><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lieux \u00e9voqu\u00e9 :<\/strong> <strong>Op\u00e9ra Caf\u00e9, Parc de la P\u00e9pini\u00e8re<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Op\u00e9ra caf\u00e9, Nancy. \u00c0 ma droite, la foule se presse sur le chemin du Parc. Les uns s\u2019y rendent, les autres en reviennent. On se croise sans r\u00e8gles de circulation, on joue parfois des coudes, on se perd, on se retrouve, parfois on se salue ou on se d\u00e9visage, les hommes se retournent sur les filles, les jambes fines, les poitrines fermes, les derri\u00e8res rebondis, les l\u00e8vres en c\u0153ur. Moi, j\u2019ai toujours d\u00e9test\u00e9 les regards d\u00e9plac\u00e9s des m\u00e2les, surtout ceux des vieux moches quand ils se posent sur ma personne et en particulier sur les deux petits obus qui ballottent, libres de toute contrainte, \u00e0 ma poitrine. J\u2019ai l\u2019impression qu\u2019ils me d\u00e9shabillent avec leurs yeux lubriques [\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le chemin, il y a des jeunes, des anciens, des couples enlac\u00e9s, des \u00e2mes solitaires, des anc\u00eatres ratatin\u00e9s plus tout \u00e0 fait vivants, balad\u00e9s dans leur fauteuil par d\u2019autres plus valides. Et toujours les \u00e9ternels inconscients sur leurs trottinettes qui slaloment dangereusement entre les gens. Je connais \u00e7a, \u00e0 Lyon, il y en a un l\u2019an dernier qui m\u2019a percut\u00e9e sur un trottoir, il ne s\u2019est m\u00eame pas arr\u00eat\u00e9, il a fui comme un voleur, le sale gosse, et j\u2019ai pass\u00e9 une matin\u00e9e enti\u00e8re aux urgences \u00e0 hurler avec mon \u00e9paule lux\u00e9e. D\u00e9cid\u00e9ment, les hommes, ce n\u2019est pas mon truc. Il y a des v\u00e9los aussi, plus prudents, eux. Puis des enfants, des familles, des poussettes, et \u00e7a bavarde, et \u00e7a piaille, et \u00e7a crie, et \u00e7a braille, et \u00e7a r\u00e9clame, et \u00e7a pleure, et \u00e7a rit. Par l\u00e0-dessus, des chiens en laisse qui se reniflent mutuellement le derri\u00e8re ou qui reniflent les pompes des gens qui ont march\u00e9 dans une crotte. Les laisses s\u2019emm\u00ealent, les propri\u00e9taires s\u2019en m\u00ealent, ils rient ou s\u2019engueulent, \u00e7a d\u00e9pend du degr\u00e9 de courtoisie ou de beaufitude. Des chiens grands, des petits, des nains, des noirs, des blancs, des bruns, certains mignons, mais la plupart tr\u00e8s laids, la mode est depuis quelque temps aux cl\u00e9bards moches, aux pel\u00e9s, aux rid\u00e9s, aux saucisses \u00e0 pattes, aux museaux aplatis et aux babines d\u00e9goulinantes de bave.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pierre Boxberger, <em>Nancy par hasard<\/em>, \u00c9ditions L\u2019Harmattan, 2023<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<iframe loading=\"lazy\" width=\"100%\" height=\"300px\" frameborder=\"0\" allowfullscreen allow=\"geolocation\" src=\"\/\/umap.openstreetmap.fr\/fr\/map\/sur-les-pas-des-ecrivains-en-lorraine_50581?scaleControl=false&#038;miniMap=false&#038;scrollWheelZoom=true&#038;zoomControl=null&#038;editMode=disabled&#038;moreControl=false&#038;searchControl=null&#038;tilelayersControl=null&#038;embedControl=null&#038;datalayersControl=null&#038;onLoadPanel=none&#038;captionBar=false&#038;captionMenus=false&#038;homeControl=false#20\/48.69454\/6.18333\"><\/iframe>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lieux \u00e9voqu\u00e9 : Op\u00e9ra Caf\u00e9, Parc de la P\u00e9pini\u00e8re \u00ab&nbsp;Op\u00e9ra caf\u00e9, Nancy. \u00c0 ma droite, la foule se presse sur le chemin du Parc. 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