{"id":4940,"date":"2025-06-05T12:53:05","date_gmt":"2025-06-05T12:53:05","guid":{"rendered":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/?p=4940"},"modified":"2025-07-09T09:07:18","modified_gmt":"2025-07-09T09:07:18","slug":"mozart-au-parc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/?p=4940","title":{"rendered":"Mozart au parc"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/enregistrement-le-roman-de-la-place-Stan-Fischer.wav\"><\/audio><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Lieu \u00e9voqu\u00e9 : Parc de la P\u00e9pini\u00e8re<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Il riait et m&rsquo;entra\u00eenait alors \u00e0 la P\u00e9pini\u00e8re voulue par Stanislas &#8211; encore lui -, m\u2019expliquant les plantes, la composition florale de l&rsquo;horloge et d\u00e9plorant, comme Jeanne, ma m\u00e8re, l&rsquo;enfermement des animaux et la triste vie de Jojo qui attirait les badauds toujours en qu\u00eate de sensations. Certains prenaient un malin plaisir \u00e0 exciter ce pauvre grand singe, don de la ville de Karlsruhe \u00e0 Nancy pour sceller le jumelage des deux villes peu apr\u00e8s la guerre. Les col\u00e8res de Jojo faisaient rire. Pas moi, pas nous. Ce spectacle me levait le c\u0153ur.<br>Est-ce un&nbsp;dimanche&nbsp;plus ensoleill\u00e9 que d&rsquo;autres o\u00f9 pointait une senteur d&rsquo;orage que mon amoureux me conduisit par une all\u00e9e d\u00e9tourn\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 un petit kiosque o\u00f9, miracle, un orchestre de chambre jouait Mozart ? Il fallait, disait le jeune homme, fermer les yeux pour que la musique entre dans le corps jusqu&rsquo;au tressaillement. Dieu, que cette phrase avait de l&rsquo;allure ! J&rsquo;en aimais le choix des mots, j\u2019 eusse voulu l&rsquo;avoir trouv\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Surtout ne pas l\u2019oublier ! L&rsquo;imprimer, la faire p\u00e9n\u00e9trer par tous les pores de la peau. Comme la musique. Se laisser enfanter par les notes autant que par les mots.<br>&#8211; La beaut\u00e9 s&rsquo;\u00e9prouve avec sensualit\u00e9, sans retenue, jusqu&rsquo;au vertige, ajoutait-il encore.<br>J&rsquo;ai su, ce jour-l\u00e0, que je n&rsquo;\u00e9couterais plus jamais Mozart de la m\u00eame mani\u00e8re. Mozart serait l&rsquo;enchanteur de ce jardin. J&rsquo;\u00e9tais bien en ces lieux que je voyais autrement qu\u2019avec les yeux de Jeanne. Mais je devais admettre que ce parc \u00e9tait une id\u00e9e de Stanislas. L&rsquo;amoureux le r\u00e9p\u00e9tait en riant, s\u2019amusant gentiment de ma consternation.<br>&#8211; Stanislas a peut-\u00eatre trouv\u00e9 des plans de L\u00e9opold et il les aura repris \u00e0 son compte&#8230;, hasardais-je.<br>&#8211; Comment peut-on \u00eatre d&rsquo;aussi mauvaise foi ? taquinait l&rsquo;amoureux.<br>J&rsquo;ai souvent essay\u00e9 d&rsquo;imaginer les lieux au temps de Stanislas, Quelles plantes s&rsquo;y \u00e9panouissaient ? Qui le fr\u00e9quentait ? Ce parc qui fut ouvert au public avait pour vocation essentielle de veiller au renouvellement des arbres, des plantations de la ville. Mais il ne faut pas sous-estimer les modes du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, qui raffolait d&rsquo;exotisme. Les grands voyageurs, navigateurs se devaient de revenir de leurs longs p\u00e9riples avec des boutures, des semences qu&rsquo;on acclimaterait. D&rsquo;o\u00f9 ce nom de P\u00e9pini\u00e8re pour cet espace de verdure qui comportait un vaste enclos, le man\u00e8ge des pages permettant \u00e0 des jeunes gens d&rsquo;apprendre \u00e0 monter \u00e0 cheval.<br>Pourquoi ne l&rsquo;a-t-on pas gard\u00e9 ? Au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, on envisagea de prolonger la P\u00e9pini\u00e8re jusqu\u2019\u00e0 la Meurthe. On creuserait un canal jusqu\u2019\u00e0 cette charmante rivi\u00e8re, disait-on. L\u2019id\u00e9e \u00e9tait bonne mais est tomb\u00e9e dans les oubliettes. Dommage.<br>C\u2019est un peu de beaut\u00e9 qui n&rsquo;a pas eu l&rsquo;occasion d&rsquo;\u00e9clore.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00a0Elise Fischer, <em>Le roman de la Place Stanislas<\/em>, \u00c9ditions Place Stanislas, 2007.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Iconographie : <a href=\"https:\/\/galeries.limedia.fr\/ark:\/79345\/d8dp6tzwxfjxhzj5\/\">Lim\u00e9dia galeries<\/a><\/p>\n\n\n\n<iframe loading=\"lazy\" width=\"100%\" height=\"300px\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"\" allow=\"geolocation\" src=\"\/\/umap.openstreetmap.fr\/fr\/map\/sur-les-pas-des-ecrivains-en-lorraine_50581?scaleControl=false&amp;miniMap=false&amp;scrollWheelZoom=false&amp;zoomControl=null&amp;editMode=disabled&amp;moreControl=false&amp;searchControl=null&amp;tilelayersControl=null&amp;embedControl=null&amp;datalayersControl=null&amp;onLoadPanel=none&amp;captionBar=false&amp;captionMenus=false#19\/48.69717\/6.18268\"><\/iframe>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lieu \u00e9voqu\u00e9 : Parc de la P\u00e9pini\u00e8re \u00ab&nbsp;Il riait et m&rsquo;entra\u00eenait alors \u00e0 la P\u00e9pini\u00e8re voulue par Stanislas &#8211; encore lui -, m\u2019expliquant les plantes, la composition florale de l&rsquo;horloge et d\u00e9plorant, comme Jeanne, ma m\u00e8re, l&rsquo;enfermement des animaux et la triste vie de Jojo qui attirait les badauds toujours [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4941,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[12],"tags":[186,211],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4940"}],"collection":[{"href":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4940"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4940\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5091,"href":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4940\/revisions\/5091"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/4941"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4940"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4940"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4940"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}