{"id":1824,"date":"2022-02-03T15:45:52","date_gmt":"2022-02-03T15:45:52","guid":{"rendered":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/?p=1824"},"modified":"2026-04-02T11:27:44","modified_gmt":"2026-04-02T11:27:44","slug":"robe-de-printemps","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/?p=1824","title":{"rendered":"Robe de printemps"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"http:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Et-quand-mon-village-lorrain-devint-une-cit\u00e9-mini\u00e8re-H\u00e9l\u00e8ne-Harvel-\u00e9ditions-du-Lau-2010-p42-43.mp3\"><\/audio><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Lieux \u00e9voqu\u00e9s : Briey, Tucquegnieux<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Madeleine allait acheter le tissu \u00e0 Briey et Luce se rendait toute seule avenue de la Gare pour les essayages. La fille de la maison, Luisa, \u00e9tait tr\u00e8s gaie et parlait un fran\u00e7ais parfait, sans aucun accent.<\/p>\n\n\n\n<p>Un apr\u00e8s-midi, comme Luce venait chercher une robe de printemps, elle aper\u00e7ut la fillette qui courait au-devant d\u2019elle.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Qu\u2019as-tu de si press\u00e9 \u00e0 me dire&nbsp;? lui dit-elle, s\u2019attendant \u00e0 une bonne nouvelle.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; J\u2019ai re\u00e7u une lettre de mon amie de Slov\u00e9nie, elle arrive samedi de la semaine prochaine&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je croyais que son p\u00e8re \u00e9tait trop vieux et n\u2019aurait pas son contrat, il y a eu un changement&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Oui, elle a dit qu\u2019elle m\u2019expliquerait tout. Toute la famille va rester chez nous, quelques jours, le temps de r\u00e9cup\u00e9rer les bagages, alors, tu penses comme je suis heureuse&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Tant mieux, je me r\u00e9jouis pour toi.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Oh&nbsp;! Tu ne sais pas comme on s\u2019entendait bien, Anna \u00e9tait comme une s\u0153ur pour moi. Je vais lui apprendre le fran\u00e7ais. L\u00e0-bas, chez nous, elle m\u2019aidait \u00e0 garder ma petite s\u0153ur et mon fr\u00e8re pour que ma m\u00e8re puisse coudre tranquillement et en \u00e9change, ma m\u00e8re lui faisait ses robes, quelquefois on \u00e9tait habill\u00e9es comme des jumelles&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Si je peux, je viendrai assister \u00e0 son arriv\u00e9e. Qu\u2019en dis-tu&nbsp;? \u00c7a te plairait&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Oh oui&nbsp;! Je te la pr\u00e9senterai, elle \u00e9tait plus grande que moi, enfin, il y a deux ans, je vais s\u00fbrement la trouver chang\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Le samedi 19 avril 1924, Luce arriva \u00e0 Tucquegnieux sur un quai de gare bond\u00e9 car des familles enti\u00e8res \u00e9taient venues accueillir leurs compatriotes. Elle r\u00e9ussit \u00e0 retrouver Luisa qui paraissait plus joyeuse que d\u2019habitude encore, toute \u00e9moustill\u00e9e \u00e0 l\u2019id\u00e9e de retrouver son amie et d\u2019avoir des nouvelles des voisins, de l\u2019\u00e9cole. Deux ans qu\u2019elle esp\u00e9rait ce moment&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Quand, enfin, les voyageurs descendirent du train, Luce aper\u00e7ut une petite jeune fille aux bottines lac\u00e9es, v\u00eatue d\u2019une robe fleurie sur fond noir qui s\u2019\u00e9lan\u00e7ait dans les bras de Luisa. Un chapeau de paille garni d\u2019un bouquet de cerises laissait d\u00e9passer deux grosses nattes brunes et un ch\u00e2le noir \u00e0 franges recouvrait ses \u00e9paules. Luce fut tout de suite attir\u00e9e par son sourire, ses yeux clairs et la blancheur de sa peau qui la distinguait des autres fillettes. Elle lui fut pr\u00e9sent\u00e9e h\u00e2tivement au milieu de cette foule, joyeuse de se retrouver, et Luisa attira la fillette vers sa maison, situ\u00e9e un peu plus bas dans la rue, tout en demandant \u00e0 Luce de les suivre&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Viens go\u00fbter les g\u00e2teaux de ma m\u00e8re, il y en aura pour tout le monde.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>H\u00e9l\u00e8ne Harvel<\/strong>, <strong><em>Et quand mon village lorrain devint une cit\u00e9 mini\u00e8re<\/em>, \u00e9ditions du Lau, 2010, p42 43<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><sup>Iconographie : Cr\u00e9dit photo : Dadu Jones<\/sup><\/strong><\/p>\n\n\n\n<iframe loading=\"lazy\" width=\"100%\" height=\"300px\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"\" src=\"\/\/umap.openstreetmap.fr\/fr\/map\/sur-les-pas-des-ecrivains-en-lorraine_50581?scaleControl=false&amp;miniMap=false&amp;scrollWheelZoom=true&amp;zoomControl=null&amp;allowEdit=false&amp;moreControl=false&amp;searchControl=null&amp;tilelayersControl=null&amp;embedControl=null&amp;datalayersControl=null&amp;onLoadPanel=undefined&amp;captionBar=false&amp;fullscreenControl=true#16\/49.2481\/5.9371\"><\/iframe>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lieux \u00e9voqu\u00e9s : Briey, Tucquegnieux \u00ab&nbsp;Madeleine allait acheter le tissu \u00e0 Briey et Luce se rendait toute seule avenue de la Gare pour les essayages. 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