{"id":1484,"date":"2020-11-18T10:38:39","date_gmt":"2020-11-18T10:38:39","guid":{"rendered":"http:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/?p=1484"},"modified":"2026-04-02T14:39:56","modified_gmt":"2026-04-02T14:39:56","slug":"la-fameuse-librairie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/?p=1484","title":{"rendered":"La fameuse librairie"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"http:\/\/lalorrainedesecrivains.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Thomas_zins_3.mp3\"><\/audio><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lieux \u00e9voqu\u00e9s : Hall du Livre, Point Central, Nancy<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Il descend du 4 au Point Central et tourne \u00e0 droite dans la rue Saint-Dizier en direction du Hall du Livre, la plus fameuse des librairies nanc\u00e9iennes. D\u2019une pression de l\u2019\u00e9paule, il \u00e9carte la porte battante en verre. Les bruits de la circulation s\u2019estompent, laissant place \u00e0 une atmosph\u00e8re ti\u00e8de et ouat\u00e9e. Il y flotte, omnipr\u00e9sente, une agr\u00e9able odeur de cellulose. Sur la gauche, sont align\u00e9es des caisses enregistreuses, en nombre insuffisant selon Thomas Zins, qui peste \u00e0 chaque fois qu\u2019il doit pi\u00e9tiner dans la file d\u2019attente. Le lieu est d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9 en semaine mais, le samedi, on s\u2019y bouscule carr\u00e9ment. Un renfoncement, \u00e0 droite, accueille l\u2019&nbsp;\u00ab&nbsp;espace presse&nbsp;\u00bb. Plusieurs centaines de magazines et de journaux s\u2019accumulent sur des pr\u00e9sentoirs m\u00e9talliques qui atteignent presque le plafond. Le rayon recense de mani\u00e8re exhaustive l\u2019ensemble des p\u00e9riodiques fran\u00e7ais, embrassant des domaines aussi vari\u00e9s que l\u2019am\u00e9nagement de la maison, l\u2019automobile, le jardinage, la chasse, le tricot, la mode. Les sportifs n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9s. Quiconque veut contrevenir aux fameux commandement de Churchill et se blesser en pratiquant les arts martiaux, l\u2019escrime, le football, le basket, le tennis ou le v\u00e9lo, saura trouver ici les conseils ad\u00e9quats. Les revues pornographiques sont enrob\u00e9es de cellophane mais les autres sont librement accessibles. Les polyglottes peuvent se fournir parmi les dizaines de titres \u00e9trangers qui s\u2019ajoutent \u00e0 l\u2019\u00e9ventaire. Pl\u00e9thorique, le rayon d\u00e9borde sur le mur de droite de l\u2019all\u00e9e centrale, laquelle m\u00e8ne aux entrailles du magasin. Sous les pas de Thomas, des pav\u00e9s gris, semblables \u00e0 ceux qu\u2019on trouverait dans la cour int\u00e9rieure d\u2019un immeuble, ont succ\u00e9d\u00e9 aux larges dalles beiges.<\/p>\n\n\n\n<p>Les locaux biscornus, tout en recoins et en coursives, s\u2019\u00e9l\u00e8vent sur quatre \u00e9tages. Chaque centim\u00e8tre carr\u00e9 y est exploit\u00e9. Sur la droite, des marches descendent au sous-sol. Des disques s\u2019y entassent par milliers, dans des bacs en contreplaqu\u00e9 blanc. Sur la gauche, une bifurcation m\u00e8ne \u00e0 la salle r\u00e9serv\u00e9e aux livres de poche. Pour gagner le rayon \u00ab&nbsp;lettres&nbsp;\u00bb, il faut gravir les six marches d\u2019un escalier. Thomas contourne la vaste table o\u00f9 sont empil\u00e9es les nouveaut\u00e9s \u00e9ditoriales, parmi lesquelles figurera bient\u00f4t en bonne place un roman de Thomas Zins, puis il fur\u00e8te parmi les \u00e9troites all\u00e9es, aimant \u00e0 d\u00e9nicher lui-m\u00eame les livres qu\u2019il cherche mais aussi \u00e0 se laisser s\u00e9duire, au hasard, par le titre aguicheur d\u2019un roman. Il rep\u00e8re l\u2019\u00e9tag\u00e8re o\u00f9 sont rang\u00e9s les ouvrages dont le nom de l\u2019auteur commence par un \u00ab&nbsp;D&nbsp;\u00bb. \u00c0 la hauteur de ses yeux, un livre est tourn\u00e9 vers le client. Les lettres <em>Tricks<\/em>, \u00e9crites en capitales, barrent la couverture, qu\u2019illustre la photo d\u2019un sous-bois. La mention \u00ab&nbsp;45 r\u00e9cits&nbsp;\u00bb est ench\u00e2ss\u00e9 dans le creux du C. \u00ab&nbsp;Pr\u00e9face de Roland Barthes&nbsp;\u00bb, lit-on en bas \u00e0 droite.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Matthieu Jung, <em>Le triomphe de Thomas Zins, <\/em>Anne Carri\u00e8re, 2017, pp. 616-617.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Matthieu_Jung\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">En savoir plus sur l&rsquo;auteur<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<iframe loading=\"lazy\" allowfullscreen=\"\" src=\"\/\/umap.openstreetmap.fr\/fr\/map\/sur-les-pas-des-ecrivains-en-lorraine_50581?scaleControl=false&amp;miniMap=false&amp;scrollWheelZoom=false&amp;zoomControl=null&amp;allowEdit=false&amp;moreControl=false&amp;searchControl=null&amp;tilelayersControl=null&amp;embedControl=null&amp;datalayersControl=null&amp;onLoadPanel=undefined&amp;captionBar=false&amp;fullscreenControl=true#18\/48.69029\/6.18330\" width=\"100%\" height=\"300px\" frameborder=\"0\"><\/iframe>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lieux \u00e9voqu\u00e9s : Hall du Livre, Point Central, Nancy. \u00ab\u00a0Il descend du 4 au Point Central et tourne \u00e0 droite dans la rue Saint-Dizier en direction du Hall du Livre, la plus fameuse des librairies nanc\u00e9iennes. 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