Extraits à lire et écouter

Un ensemble musical

Lieu évoqué : Nancy. « On m’a fait remarquer que l’établissement est d’un ennui mortel. Le bâtiment est beau, les boiseries Majorelle, les vitres Grüber leur plaisent, mais l’atmosphère est grise, ont-ils dit. Ils n’avaient pas trouvé le mot, « triste ». Enfin, je suppose. J’ai répliqué : « Je sais, Herr, ça sent la défaite, je n’y suis pour rien. » Il s’est raclé la gorge et a poursuivi. Pour remédier à cette atmosphère, j’étais priée de trouver rapidement un Lire la suite…

Sinistre trajet

Lieux évoqués : Plainfaing, Fraize. Plainfaing, vendredi 10 novembre 2017, 21:45 « Le BMWX6 quitte la D145 et bifurque vers les Auvernelles. Le tout-terrain est forcé de freiner sa course endiablée pour s’engager sur le chemin étroit. Je me décrispe, mais je reste collée au dossier et garde mes ongles enfoncés dans le siège en cuir. Tant que le véhicule ne sera pas à l’arrêt total, je ne pourrai pas reprendre une respiration régulière. Je maudis Lire la suite…

La guerre de Cent ans

Lieu évoqué : Barrois. « Les troubles et les conflits qui n’en finissaient pas sous la minorité de Louis XIV avaient plongé le royaume de France et les territoires dévastés du duché de Lorraine dans une situation économique particulièrement épouvantable. En ce début de l’an de grâce 1658, il fallait de l’argent, beaucoup d’argent, toujours plus d’argent, pour reconstituer les armées et faire prospérer le pouvoir bicéphale. Les taxes et impositions en tous genres tombaient en Lire la suite…

Un endroit bizarre

Lieux évoqués : Nancy, Bayon. « Martel prit deux pizzas surgelées et les jeta dans son caddy. Il était tard et l’hypermarché était presque désert. Il y avait des trous dans les rayons et le sol était marqué par les allées et venues de la journée. Des enceintes diffusaient un titre de Calogero et rappelaient à l’aimable clientèle que le magasin allait bientôt fermer ses portes. Martel faisait ses courses, son téléphone vissé à l’oreille. – Lire la suite…

Agitation et rancoeur

Lieu évoqué : Pays Haut. « Tu veux savoir pourquoi je veux crever ? Parce que j’ai perdu toute conviction, toute expectative. J’en ai marre de vos mensonges ! Je n’arrive plus à m’en accommoder. La gauche ! C’était ça le changement magique ? Ça fait vingt ans que je cuivre des rouleaux de feuillards dans des bains d’électrolyse suffocants d’acide, le nez sanguinolent, le crâne emporté dans des douleurs intenses ! Pour améliorer mes conditions, il aurait suffi de céder Lire la suite…

Terrible nouvelle

Lieux évoqués : Nancy, colline Sainte Croix, Metz. « Ce jour-là, je reviens de Nancy. Au sortir de la gare, la grisaille, tenace depuis le matin, semble avoir foncé d’un ton. Il fait un froid humide et j’ai hâte de regagner le petit appartement, deux chambres de bonnes communiquant entre elles, qu’en échange de travaux de rafraîchissement j’ai pu louer, à un prix modique, au dernier étage d’une maison ancienne qui a connu des temps meilleurs Lire la suite…

Cheminot

Lieux évoqués : Contrexéville, Epinal, Vosges. « Mon père n’était pas militaire mais portait, sur sa casquette, deux étoiles d’argent. Il disait appartenir à la Compagnie, le mot qu’il employait pour désigner un patron sans nom, une uninationale sans visage, la Société nationale des chemins de fer français. Il posait des rails, serrait les éclisses des traverses, enfonçait les tire-fond. Fourbu, il rentrait le soir, nez au vent, assis sur le capot des draisines. Il aimait Lire la suite…

« Le roi de France, le Roi-Soleil »

Lieux évoqués : Palais Ducal, Eglise Saint-Epvre, Nancy. Pour agrémenter le repas de Sa Majesté « Nancy, 1673. Pour nous autres Lorrains, les temps étaient sombres, compliqués, et pénibles. Il y a trois ans, la France nous avait envahis et nous craignions de perdre définitivement notre indépendance. Au printemps, la rumeur annonça que Louis le Quatorzième nous rendrait visite. Il logerait à Nancy pour quelques temps. Cette nouvelle fut accueillie avec le sentiment mitigé de la Lire la suite…

Solitude rue des Maréchaux

Lieu évoqué : rue des Maréchaux, Nancy. « Plus les jours passent, plus Sophie se renferme et s’aigrit. Sa solitude, rue des Maréchaux, lui pèse. Si elle se sent plus en confiance avec les autres belles-sœurs, Anne, Julie ou Victoire qu’avec Goton, la causerie, avec ces trois simplettes, ne dépasse guère le sujet de la couleur d’un jupon ou de l’herbe d’un ragoût. Quant à la conversation avec Abel, elle se limite, pour l’instant, à un Lire la suite…

Les heures sombres

Lieux évoqués : école Braconnot, Parc de la Pépinière. « J’allais à l’école de l’autre côté du parc de la Pépinière. Un matin de l’hiver 1942-1943, brutalement la porte de la salle de classe s’est ouverte. Revêtus d’un long imperméable vert, le casque enfoncé jusqu’aux oreilles, une plaque en métal blanc suspendue à un collier brinquebalant sur la poitrine, deux gendarmes allemands sont entrés. Le fusil à l’épaule. Notre professeur s’est levé. Un des deux géants Lire la suite…